> Göttingen (Barbara, 1964)

Göttingen
Barbara | Barbara | France | 1964

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Les relations franco-allemandes sont aujourd’hui confrontées à un paradoxe (la promotion active d’une amitié et d’un partenariat économique et politique, entre deux Etats culturellement et géographiquement éloignés). Toutefois, elles doivent leur unicité – pourrions-nous dire leur saveur, tant les liens entre France et Allemagne sont hérités d’une douloureuse tragédie morale et humaine – à une volonté de respect mutuel sans oubli du passé, que le destin et la politique ont souvent rapprochés de façon malheureuse. L’image de François Mitterrand et Helmut Kohl main dans la main à Verdun demeure un symbole fort de ce souhait d’apaisement.

Lorsque Barbara chante Göttingen, l’amistice de 1945 n’est éloigné que d’une génération en arrière, et nombreux sont les gens ayant encore un peu de mal à se faire à la réconciliation, pourtant scellée bon gré mal gré (l’Allemagne est divisée en deux, et ce pour encore quelques décennies) par les débuts de la construction européenne, avec la CECA dès 1951. Pour autant, le général de Gaulle et le chancelier Adenauer vont s’atteler à renforcer cette nouvelle relation ; les deux pays se parlent et se respectent mutuellement, comme en témoigne la signature hautement symbolique du traité de l’Elysée, en 1963, qui encourage entre autres la création de lycées français en Allemagne et la naissance de jumelages entre les villes des deux nations. Dès lors, les « ennemis héréditaires » ne sont plus. Göttingen n’est pas qu’une chanson évocatrice, elle est aussi un message universel de paix, revendicatif, qui sera fredonné par le chancelier Schröder en 2003 lors d’une commémoration commune. La chanson de Barbara, écrite par la chanteuse touchée par l’accueil qu’on lui réserva dans cette ville du centre du pays, est un hymne à l’amitié transnationale, si ce n’est l’amour sincère. Elle résonne d’autant plus fort, suscitant d’autant plus d’émotion, quand on sait que Barbara est d’origine juive.

Le XXe siècle sera encore marqué par l’intensification des rapprochements et des initiatives conjointes, le « couple franco-allemand » restant au coeur des politiques européennes, ponctuées de désaccords notoires (le départ de la France du commandement intégré de l’OTAN en 1966 ou les divergences d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy quant à la portée de l’Union Pour la Méditerranée) mais d’un respect original et d’une singulière volonté de créer un cadre de travail commun.

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Symbole suprême de la réconciliation, Barbara accepta par ailleurs d’enregistrer la chanson dans la langue de Goethe (voir vidéo ci-dessus), en 1967, dans le cadre de la publication d’un album intégralement en allemand.

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François Mitterrand, président de la République, et le chancelier allemand Helmut Kohl participant conjointement à une cérémonie d’hommage aux combattants de la bataille de Verdun (70e anniversaire), en 1984.

Paroles ci-dessous :

Bien sûr, ce n’est pas la Seine,
Ce n’est pas le bois de Vincennes,
Mais c’est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.

Pas de quais et pas de rengaines
Qui se lamentent et qui se traînent,
Mais l’amour y fleurit quand même,
A Göttingen, à Göttingen.

Ils savent mieux que nous, je pense,
L’histoire de nos rois de France,
Herman, Peter, Helga et Hans,
A Göttingen.

Et que personne ne s’offense,
Mais les contes de notre enfance,
« Il était une fois » commence
A Göttingen.

Bien sûr nous, nous avons la Seine
Et puis notre bois de Vincennes,
Mais Dieu que les roses sont belles
A Göttingen, à Göttingen.

Nous, nous avons nos matins blêmes
Et l’âme grise de Verlaine,
Eux c’est la mélancolie même,
A Göttingen, à Göttingen.

Quand ils ne savent rien nous dire,
Ils restent là à nous sourire
Mais nous les comprenons quand même,
Les enfants blonds de Göttingen.

Et tant pis pour ceux qui s’étonnent
Et que les autres me pardonnent,
Mais les enfants ce sont les mêmes,
A Paris ou à Göttingen.

O faites que jamais ne revienne
Le temps du sang et de la haine
Car il y a des gens que j’aime,
A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l’alarme,
S’il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen.

Mais c’est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l’alarme,
S’il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen.

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